Le Coeur des femmes

Quatre femmes sur 10 ne bénéficient d'aucun suivi cardiovasculaire

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Publié le 28/09/2026
bus de dépistage cardiovasculaire femme

À l'occasion de la Journée mondiale du cœur, la fondation Agir pour le Cœur des Femmes publie de nouvelles données fondées sur l'analyse de 15 000 dossiers médicaux recueillis lors des opérations du Bus du Cœur des Femmes. Les résultats dressent le portrait préoccupant d'une population exposée à de multiples facteurs de risque et insuffisamment suivie.

L'étude, issues de l'Observatoire national de la santé des femmes (ONSF), de la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes, met en lumière une réalité méconnue : les facteurs de risque cardiovasculaire sont massivement présents parmi les 15000 femmes dépistées.

Ainsi, neuf femmes sur 10 présentent au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire, tandis que six femmes sur 10 cumulent également au moins deux facteurs gynéco-obstétricaux susceptibles d'influencer leur santé cardiovasculaire. Parmi les facteurs les plus fréquemment observés : l'hypertension artérielle, les antécédents cardiovasculaires familiaux au premier degré, ainsi que l'association entre l'âge supérieur à 35 ans et le tabagisme ou l'obésité.

40 % des prescriptions de contraception œstroprogestative inadaptées

Sur les 1 062 femmes âgées de 15 à 55 ans dont la contraception a pu être analysée, la Fondation constate que 40,7 % des prescriptions de contraception œstroprogestative étaient inadaptées lorsqu'étaient pris en compte les facteurs de risque cardiovasculaire et les antécédents familiaux. Ce taux atteint même 59,8 % lorsque seuls les facteurs de risque cardiovasculaire sont considérés. Cette situation expose certaines femmes à un risque accru d'accident thromboembolique, d'infarctus du myocarde ou encore d'accident vasculaire cérébral. 

Des signes d'alerte largement répandus

Au-delà des facteurs de risque, l'étude relève une fréquence élevée de symptômes pouvant évoquer une atteinte cardiovasculaire. Près de deux tiers des femmes présentent des signes d'alerte, tels que des palpitations, un essoufflement, des douleurs thoraciques ou des malaises.

Les examens réalisés lors des dépistages révèlent également des atteintes parfois déjà présentes :

  • Une femme sur huit présente une anomalie au Doppler des troncs supra-aortiques, de l'aorte abdominale ou des artères des membres inférieurs, témoignant notamment de plaques d'athérome ou de sténoses.
  • Une femme sur deux présente une anomalie à l'électrocardiogramme, pouvant correspondre à un trouble du rythme, un trouble de conduction ou une séquelle d'infarctus.
  • Quatre femmes sur 10 sont en situation de surpoids ou d'obésité.

Un déficit de suivi médical

L'étude souligne également un défaut de prise en charge préoccupant. Quatre femmes sur 10 ne bénéficient d'aucun suivi cardiovasculaire, alors même que 36 % d'entre elles ont déjà subi un accident cardiovasculaire. Par ailleurs, une femme sur trois n'a pas ou plus de suivi gynécologique, une situation particulièrement fréquente chez les moins de 25 ans et les plus de 65 ans. 

Autre constat : une femme sur deux présente des chiffres tensionnels élevés, mais seule une sur cinq reçoit un traitement. Au total, huit femmes sur 10 participant au dépistage nécessitent une prise en charge cardiovasculaire ou gynécologique structurée.

L'Observatoire met également en évidence l'influence de déterminants sociaux. Lors des entretiens confidentiels réalisés pendant les dépistages, 66,2 % des femmes déclarent avoir subi des violences morales ou physiques. En outre, 42 % des participantes rapportent un stress excessif ou des antécédents de dépression traitée, tandis qu'une femme sur cinq est en situation de précarité. Cette vulnérabilité sociale a une conséquence directe sur le suivi médical : chez les femmes les plus précaires, le suivi gynécologique est réduit de moitié.

Pour la Pr Claire Mounier-Véhier, cofondatrice d'Agir pour le Cœur des Femmes, ces résultats rappellent que « chaque année en France, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à mourir d'une maladie cardiovasculaire », en raison notamment de facteurs de risque insuffisamment identifiés et d'une prise en charge encore insuffisante.


Source : lequotidiendupharmacien.fr