Alors que le congrès européen de cancérologie n'avait pas encore ouvert ses portes, ces résultats très attendus ont fuité. Un vaccin personnalisé produit par Moderna semble faire ses preuves, diminuant de 42 % le risque de récidive ou de décès.
Les résultats n'étaient attendus que pour samedi lors du congrès de la Société européenne d'oncologie médicale (ESMO), mais ont fait l'objet d'une violation d'embargo. Le vaccin personnalisé anticancer à base d'ARN messager de Moderna semble faire ses preuves. Après un suivi de deux ans, le taux moyen de survie sans récidive a été de 70 % chez les personnes ayant reçu le traitement standard et de 82 % chez celles ayant aussi reçu le vaccin personnalisé. Cela correspond à une diminution de 42 % du risque de récidive, rapportent nos confrères du Monde.
Ce traitement est une approche novatrice. Il est conçu sur mesure pour chaque patient, dans l'objectif d'apprendre aux lymphocytes à cibler la moindre micro-tumeur et ainsi prévenir les récidives de mélanomes avancés. Cet essai international de phase 3 a inclus 1 137 patients atteints de mélanomes avancés, tous à haut risque de récidive ou de métastase ou déjà métastasés mais encore opérables. Un type de mélanome qui concerne 3 000 à 3 500 patients par an en France.
Après le retrait chirurgical des tumeurs, les patients ont été répartis à l'aveugle dans deux groupes. L'un recevant du pembrolizumab (du laboratoire Merck, partenaire de Moderna sur ces travaux) et l'autre recevant en sus le vaccin personnalisé. Pour le produire, le laboratoire a déterminé pour chaque patient une trentaine de mutations propres à chaque tumeur, les plus immunogéniques. Des molécules d'ARN codant pour ces protéines exprimées uniquement par la tumeur, et non les cellules saines, sont ensuite produites et administrées au patient, via des nanoparticules lipidiques. Le système immunitaire du patient se charge du reste
Lors de l'essai de phase 2, chez les patients recevant l'association vaccin et immunothérapie, la plupart des effets indésirables apparaissent légers à modérés (frissons, fatigue, fièvre, maux de tête...). Toutefois, 25 % des patients ont rencontré des effets indésirables sévères, contre 18 % chez les patients recevant uniquement l'immunothérapie.
Bien que porteur d'espoir, ce nouvel essai suscite de vifs débats quant à l'origine de ses bénéfices. Sont-ils liés à la seule stimulation du système immunitaire ou d'une stimulation non spécifique de celui-ci ? « L’ARN est en soi très immunogène, surtout s’il est inclus dans une nanoparticule lipidique », souligne Caroline Robert, cheffe du service de dermatologie à Gustave-Roussy, interrogée par Le Monde.
Une étude française parue en août a montré que l'administration d'un vaccin à ARN contre le Covid-19 dans les trois mois qui suivent une immunothérapie augmenterait de 9 % la survie des patients atteints de cancer. Des analyses approfondies sont en cours.
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